.J-46 avant la fin.
LE VERRE EST-IL A MOITIE VIDE, OU A MOITIE PLEIN?
L'OEUF EST-IL VENU AVANT LA POULE?
Y'A T-IL VRAIMENT UNE FIN A TOUT?
" Il jura, mais un peu tard, qu'on ne l'y prendrait plus. "
Je suis arriver jusque là, c'est plutôt positif.
Puisqu'en ce moment, tout va vite, sans qu'on puisse voir les choses qui défilent sous nos yeux, je tire sur le frein à main (comme dirait une chanteuse dont je ne citerai jamais le nom), je me permets de mettre 'pause', histoire de déblatérer ces pseudo-phrases philosophiques qui traversent chaque seconde mon esprit déjanté. Tout d'abord, je remercie celui qui se reconnaitra pour m'avoir tant inspiré, ce soir. Donc, le train s'arrête, car j'en ai décidé ainsi. Je me mets à la fenêtre d'un wagon, et j'observe, d'abord derrière. Je suis un peu déçu, donc je regarde face à moi, sur le présent, bien plus intéressant. Je prends le temps de savourer des yeux les courbes de la vie, au moment ou elle apparaît devant moi. Elle me plaît, je l'épouserais bien. Sauf que, oui, mais, non. Donc oui, j'ai devant moi la vie d'aujourd'hui, après avoir avancé, sans arrêt, les cicatrices encore présentes sur nos bras, notre visage crasseux, nos épaules lourdes du poids des jours précédents, et de toutes ces aventures. Dur dur d'accepter le chemin que l'on a pu prendre, certains détours aurait dû être évités, pour nous éviter quelques souffrances. Mais, les personnes que j'observe sont prêtes, matures, forgées par les difficultés d'avant, la tête toujours haute. Chacun s'est construit, pour se détruire, puis se reconstruire de plus belles. Je ne l'avais jamais remarqué, c'est bien la première fois que je le réalise. La bêtise humaine, et toutes ces choses que l'on fait, sans s'en rendre compte, qu'elle farce. Il ne me reste plus beaucoup de temps, donc j'observe plus précisément. J'en vois qui pleurent, le dos au futur, la tête face au passé. 'Non, tournez-vous' leur dis-je, 'ce n'est pas la solution'. Mais, pourtant, j'étais comme eux, il y a peu de temps. Alors je les comprends, et je les laisse pleurer, car les larmes partiront, comme les cicatrices, et les hématomes sur les épaules. Je reviens, je vais manger, le contrôleur m'accorde quelques instants de répit. Après tout, ça brasse toujours de voir la vie, quand elle est en 'stand-by'. Me revoilà. Depuis hier, j'ai beaucoup mangé, mais le train n'a pas redémarré, pourtant je pensais n'avoir que peu de temps.. Le contrôleur est plus sympa qu'il n'y paraît. Donc, les gens face à moi, que je vois par la fenêtre, parlent entre eux, pleurent, seuls ou à deux, sourient, seuls ou à deux. J'aimerais comprendre, mais je suis trop loin, et puis, je ne peux quitter le wagon, j'ai un chemin à suivre, c'est la vie. Le fait est que, malgré tout, on a tous avancé, on s'est démerdés pour être où nous sommes aujourd'hui, et que l'on peut en tirer une certaine satisfaction. Alors, lentement mais sûrement, je tourne ma tête à droite, vers le futur. Il est plutôt flou, car inconnu. On le sait, ce qui nous est inconnu nous fait peur, forcément. Mais, ça nous intrigue, étrangement. Donc, je regarde sur la droite, toujours avec un air assez dubitatif. "Ira, ira pas", telle est la question. Je m'apprête à saluer ceux qui sont devant moi, dans le présent, et, quand ils se tournent face à moi, ils me sourient, puis avancent. J'entends les portes du train s'ouvrir, et tout le monde entre dans les wagons. Au dehors, c'est désert, au dehors, c'est vide. Mais à l'intérieur du train, tous se parlent, de choses et d'autres. Je regarde une dernière fois le passé, admire les bons moments, crache sur les mauvais, et puis, je fixe le futur. Je rentre ma tête dans le wagon, me dirige vers la locomotive. J'entre dans la cabine, je prends le frein à main, et je l'enlève. "Partons, il est temps". Le présent, c'est du passé, maintenant.
Samedi, piercing au labret<3.